Marché du travail : un troisième trimestre 2025 sous le signe du repli

Le troisième trimestre 2025 confirme un ralentissement notable du marché du travail en France. Après plusieurs mois de relative stabilité, l’emploi salarié privé se contracte tandis que les indicateurs de chômage et de rémunération évoluent de façon contrastée.

Recul de l’emploi salarié privé

L’emploi salarié privé fléchit au 3ᵉ trimestre 2025, avec –60 600 postes, soit –0,3 % par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’explique en partie par un recul marqué de l’emploi en alternance, jusqu’ici moteur de croissance. Sur un an, le volume total d’emplois salariés privés diminue de –112 100 postes (–0,5 %), confirmant une tendance durable.

Le taux d’emploi reflète cette dynamique, affichant une légère baisse de 0,1 point sur le trimestre. Une nuance subsiste toutefois : le taux d’emploi des seniors reste orienté à la hausse, signe d’une meilleure intégration et d’une continuité de carrière plus marquée pour cette population.

Un taux de chômage quasi stable

Le taux de chômage montre une évolution limitée : +0,1 point ce trimestre et +0,3 point sur un an, pour atteindre 7,7 % de la population active. Le halo du chômage, qui comprend les personnes souhaitant travailler mais ne remplissant pas les critères du chômage au sens du BIT, demeure stable.

Chez les jeunes, la situation diverge selon le genre :

Jeunes hommes : baisse du taux de chômage, mais hausse du halo.

Jeunes femmes : hausse du taux de chômage, mais réduction du halo.

Ces tendances opposées traduisent des comportements ou parcours d’insertion différenciés selon les publics.

Des difficultés de recrutement en baisse

Après deux années de tensions élevées, les difficultés de recrutement reculent de manière continue dans les trois grands secteurs d’activité. Cette décrue s’observe également à l’échelle de l’Union européenne.

La France se distingue toutefois positivement : la proportion d’entreprises déclarant une limitation d’activité due au manque de personnel y est inférieure à la moyenne européenne. Un signal encourageant, bien que les besoins de compétences restent un enjeu majeur.

Les salaires progressent, mais plus lentement

En matière de rémunération, les salaires continuent d’augmenter en termes réels, mais leur progression ralentit, tant en termes réels que nominaux. La baisse de l’inflation, amorcée depuis le pic de 2022, contribue à modérer les négociations salariales.

Entre 2021 et 2023, les ouvriers et employés avaient bénéficié des hausses les plus dynamiques pour compenser l’inflation. Désormais, les indices salariaux évoluent à nouveau à un rythme similaire pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles, signe d’un rééquilibrage.